Didactique des langues- Claude Springer

Points de vue sur des questions de didactique des langues – TIC, évaluation, CECR, actionnel

Les élèves français pas si mauvais en anglais ?

Posted by springclo sur 12 octobre 2008

Cet article tiré de www.educpros donne les résultats du test proposé en mars/avril 2008 aux élèves des lycées professionnels, c’est-à-dire les sections européennes. On sait que les élèves ont de l’anglais renforcé pour leur permettre de suivre des cours en disciplines « non linguistiques », dans une matière générale ou professionnelle. Le constat de cette certification ne fait que confirmer ce que nous disons depuis quelques temps que l’école, avec un enseignement extensif, ne peut viser que le niveau B1, voire B2 pour des cas très spécifiques. Les niveaux C1 et C2 du CECR sont hors de portée du système éducatif. Tout le monde peut le comprendre, enfin presque tout le monde ! Il est intéressant de noter que ce niveau (B1/B2) peut être atteint par les élèves des lycées techniques/professionnels.

Voici l’article :

Les élèves français pas si mauvais en anglais ?

Début septembre 2008, Xavier Darcos le déplorait : les jeunes Français parlent mal la langue de Shakespeare…pour en faire un argument de ses cours de soutien en anglais. « Pas si mal que ça », nuance l’organisme Cambridge ESOL (*). Ce département de l’université anglaise avait été choisi en début 2008 par le ministère de l’Education nationale français pour faire passer, à titre expérimental, un test de niveau B1 (utilisateur indépendant) – le CEC (Cambridge English Certificate) – à 17 000 jeunes de section européenne en lycée professionnel. Les épreuves écrites (compréhension écrite, expression écrite, compréhension orale) se sont déroulées le 4 avril 2008. Les oraux (d’une douzaine de minutes) ont été passés dans la foulée. Et les résultats viennent de tomber…

Un test sur 17 000 volontaires de sections européennes

Verdict : 92 % de réussite, dont 59 % de niveau B1 et 33 % de niveau A2 (utilisateur élémentaire intermédiaire
ou usuel), le niveau juste en dessous. « Nous sommes surpris que ce soit une telle réussite et très contents. D’autant plus que les élèves n’avaient pas reçu de préparation spéciale préalable puisqu’il s’agit d’un test et non d’un examen », a commenté Anthony Harvey, responsable de Cambridge ESOL France. Il faut dire que les lycéens testés étaient volontaires, en section européenne et que les épreuves avaient été spécialement conçues pour l’occasion… « Les questions différaient peu de celles d’un test B1 classique. Nous avons juste
inséré des éléments culturels – comme le demandait le ministère – et donné la possibilité d’obtenir le niveau A2 en cas d’échec au B1 », justifie Anthony Harvey. L’opération devrait être reconduite jusqu’en 2010. Avant d’être étendue à d’autres lycéens ?

(*) Cambridge ESOL est une organisation non gouvernementale à but non lucratif. Elle possède 3000 centres d’examens dans le monde et réalise plus de deux millions de certifications par an dans 135 pays.

Virginie Bertereau

26.09.08

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8 Réponses to “Les élèves français pas si mauvais en anglais ?”

  1. BOCK Christophe said

    J’ai été très intéressé par les résultats des élèves français à la certification Cambridge dont je n’avais pas encore connaissance.

    Des résultats qui sans être excellents (seulement 59 % des candidats atteignent le niveau B1 alors que c’est l’objectif pour 100 % des élèves de section européenne en Seconde) ne sont pas vraiment mauvais. Attention toutefois : contrairement à ce qui est dit plus haut, pas un seul élève de Lycée Professionnel n’était concerné par cette certification en 2008. Il s’agissait exclusivement d’élèves de Seconde des Lycées d’enseignement général.

  2. Richard Comerford said

    Ce publi-reportage est rempli d’erreurs, notamment sur ce qui constitue une réussite pour un élève de 2nd européenne, public visé par ces certifications B1. Dans un article précédent Virginie Bertereau avait au moins évoqué « les dents qui grincent » chez les enseignants sommés de faire passer ces tests au profit d’un marchand de certifications; elle avait également évoqué le montant du contrat (qu’elle sous-estime, le chiffre officiel se trouve entre 1 et 3 millions d’euros).

    S’est-elle fait rappeler à l’ordre ? On dirait qu’elle se contente désormais de servir la soupe au représentant commercial de Cambridge ESOL. Et donc de contribuer à cette dérive commercial contre laquelle Daniel Coste, rédacteur du CECRL, nous avait justement mis en garde.

    Richard Comerford

  3. Richard Comerford said

    Les « éléments culturels » prétendument « insérés » dans ce test sont passés inaperçus… Y en avait-il vraiment, ou s’agit-il d’une tromperie sur la marchandise ? Quelqu’un peut-il m’éclairer ?

    RC

  4. springclo said

    Bonsoir
    Oui vous avez tout à fait raison. Il y a deux aspects : le premier touche la question du niveau attendu à la sortie du système éducatif, cette expérience permet de montrer que même dans un dispositif favorable aux langues comme la filière européenne on ne peut s’attendre à atteindre un niveau C1/C2 et encore moins un niveau bilingue ; le deuxième concerne l’aspect idéologique et politique ; il est clair que l’introduction des organismes privés de certification dans le système éducatif est symptomatique de la volonté libérale de ce gouvernement ; les enseignants se trouvent dépossédés de leur pérogative avec toutes les dérives pédagogiques que cela va entraîner, former pour réussir ces épreuves ; il y a pire, vous avez raison de le souligner, j’y reviendrai prochainement, c’est le coût de ces certifications, coût qui est passé sous silence, bien sûr. Si vous avez des informations précises, des sources solides, je suis preneur. Merci pour vos précisions.

  5. Richard Comerford said

    Doc officiel en ligne : marché entre 1 et 3 millions d’euros (idem pour Cervantes). J’ai de très bonnes raisons de croire que le montant exact se situe vers le haut de cette fourchette.

    RC

  6. Richard Comerford said

    Une question pour Christophe : il était prévu de faire passer ces certifications en lycée professionel (B.O.) Savez-vous pourquoi ils ont finalement été exclus de ce dispositif ?

    Re doc en ligne ; il s’agit de la liste des « marchés conclus 2007 » publié par le MEN.

  7. Isabelle said

    Il faut tout de même noter que la France c’est bien réveillée car il y a encore une 20aine d’années quand j’ai fait mon collèges et ensuite mon apprentissage, le pourcentage des élève maitrisant l’anglais était beaucoup plus faible.

  8. Laura Schneilin said

    Je pense qu’autrefois justement les élèves maîtrisaient bien plus la langue qu’aujourd’hui. Ayant enseigné 12 ans dans le public (de la 6e au séminaire de Masters), je me suis rendue compte que les étudiants étrangers étaient bien plus capables de manier la langue que les élèves ou étudiants français. Et oui, j’ai également travaillé dans le privé, où l’on est payé trois euros six cents pour enseigner à des élèves qui ne font rien en cours…

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