Didactique des langues- Claude Springer

Points de vue sur des questions de didactique des langues – TIC, évaluation, CECR, actionnel

Coût des certifications de langues ?

Posted by springclo sur 3 décembre 2008

S’il est important de comprendre et faire comprendre comment on peut aujourd’hui rendre compte et évaluer des profils d’acquisition différents des élèves, et surtout expliquer que parler une langue ne signifie pas parler comme un natif, il est également urgent de montrer les dérives auxquelles on assiste actuellement concernant les conventions que les académies signent avec des organismes certificateurs étrangers.

Le syndicat SNES s’en inquiète justement :

« Il est urgent de savoir quelle est la nature de la convention signée entre le Ministère et les organismes certificateurs. Un appel d’offre a été fait par le Ministère, appel d’offre qui a été publié dans le journal officiel le 9 août 2006 (BOAMP 151 B, Dep.75). Nous n’avons pas eu connaissance d’un quelconque document sur la convention signée entre le Ministère et les organismes choisis. Il est donc urgent de demander à la DGESCO des informations qui nous permettraient de connaître la nature exacte de la convention. Questions autres pouvant être posées : quels ont été les critères de choix des organismes certificateurs ? Quelle est la durée de l’engagement ? (Si, comme on le croit, la durée est de 3 ans, que prévoit le Ministère après cette échéance ? Quel est le coût pour l’Education nationale ? »

Soit, il faut s’offusquer de la décision de financer les certifications « pour une nombre restreint d’élèves ». Il y a plus grave. Ce qui devrait inquiéter, c’est plutôt la fonction d’évaluation que l’on est en train de retirer aux enseignants qui deviennent, après formation (payante sans doute), des agents des certifications privées. Plus grave encore, ils vont ainsi rapidement confondre évaluation certificative et évaluation formative. Or, justement, le Cadre européen a le grand mérite de permettre enfin la mise en place d’une véritable évaluation formative, centrée sur les progrès de l’élève. La dérive certificative va se renforcer avec l’objectif de résultats de la LOLF (combien d’élève en fin de primaire ont atteint A1, et quel pourcentage a atteint A2 en collège, ainsi de suite). L’enjeu pédagogique se situe à ce niveau. Les outils du CECR doivent être pris en charge par les enseignants pédagogues. Ils ne sont pas la propriété des organismes certificateurs privés. Le SNES malheureusement reste braqué sur la question du contrôle continu, pourtant l’évaluation en cours de formation est tout aussi juste, sinon plus, que l’examen sommatif. Mais c’est un autre débat. De même, l’attaque conte l’approche actionnelle, qui relèverait de l’utilitarisme, montre aussi une vision étriquée et dichotomique de la formation en langue, opposant une visée pragmatique et une visée culturelle. Mais, là aussi c’est un autre débat. Le coeur du débat doit être bien clair, l’évolution actuelle doit aller vers la mise en place d’une véritable évaluation formative. La visée certificative est en train de pervertir cette bien timide évolution, si longtemps attendue.

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2 Réponses to “Coût des certifications de langues ?”

  1. Richard Comerford said

    D’accord sur l’approche actionnelle, que je pratique ( mais pas exclusivement ) depuis longtemps. Cette approche n’est pas, à mon avis, incompatible avec les contenus culturels de nos programmes.

    Mais ces contenus culturels sont de toute évidence incompatibles avec l’approche de Cambridge ESOL, comme on a pu le constater avec l’irruption de ces certifications dans l’EN. Il suffit de regarder les épreuves pour s’en convaincre.

    Il est intéressant de voir que jusque-là cette absence de contenu culturel ne semble déranger ni les IPR pro-Cambridge ni le ministère, qui avait pourtant obtenu un engagement de la part de Cambridge d' »insérer des éléments culturels » dans les épreuves du PET/CEC.

    J’ai récemment mis en ligne sur le site SNES un article intitulé « Alerte ! L’Education Nationale est tombée dans l’escarcelle des marchands de certifications !  » , que je vous invite à publier sur votre site pour faire contrepoids au publi-reportage de V Bertereau.

    Richard Comerford

  2. Richard Comerford said

    Je n’ai malheureusement pas pu assister à la table ronde sur les certifications (Expolangues). J’aurai voulu intérroger l’IPR pour voir comment il justifie ce recours aux marchands de certifications.

    Comptez-vous publier un compte-rendu du débat ?

    Merci,

    Richard Comerford

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